Historique

L’histoire du couvent de Deschambault

De 1861 à 1994, la musique a toujours occupé une place importante dans la vie du couvent sous la responsabilité des Sœurs de la Charité de Québec. Au départ de la dernière religieuse enseignante en musique, en juin 1994, plusieurs anciennes du couvent croyaient qu’après avoir formé autant de générations de musiciens et de musiciennes, il fallait trouver une solution pour continuer l’enseignement de la musique.

C’est ainsi qu’avec l’aide du maire de l’époque, Jacques Bouillé, Danyelle Bourgault et Élise Paré ont entrepris de relever le défi de mettre rapidement en place une école de musique. Avec l’aide empressée de Marie-Paule Hivon et de Danielle Thibault, le premier conseil d’administration a été ainsi formé. Jacinthe Montambault devint la première directrice et dès le mois de septembre de la même année l’école prenait la relève pour l’enseignement et se donnait une vocation régionale, étant la première à offrir des cours à l’ensemble de la population de la MRC de Portneuf. Manon Chénard-Marcotte a succédé à Jacinthe, de 1998 jusqu’en juillet 2008, alors que Nathalie Doré pris le relais jusqu’à janvier 2015. Depuis, un premier homme, Gabriel F. Ouellette, dirige l’école, en compagnie de Caroline Côté, directrice adjointe.

On connaît la progression constante des inscriptions, l’importance des adultes dans les cohortes étudiantes. Aujourd’hui, l’École offre une panoplie de cours qui correspondent aux besoins et aux aspirations des personnes, quel que soit leur âge. La réputation de l’École est largement tributaire du dynamisme de ses professeurs qualifiés et de leur implication dans la vie musicale de la région.

Denys Arcand a accepté de s’associer à ce dynamisme en permettant que l’École porte son nom. Bien sûr, tout le monde connaît ses qualités de cinéaste, mais il importe de souligner que Denys Arcand est un amoureux de la musique.

À l’origine, 1861

Les plans du couvent furent dressés par l’abbé Thomas Benjamin à la demande du curé Narcisse Bellenger. À la suite des corvées organisées pour la coupe et le charroi du bois de charpente, on procède à la construction qui s’achève en 1861. La façade est en pierre de taille et l’intérieur tout en bois.

Onze ans plus tard, on fait une première rallonge en bois, pièce sur pièce et le toit est modifié et devient mansard. En 1884, une deuxième rallonge dans le genre donne au couvent son aspect actuel : grande maison mansardée sur trois versants, 24 lucarnes, trois cheminées et un clocher.

L’après pensionnat

En 1897, la première bibliothèque paroissiale s’installe au couvent. Puis en 1965, après la centralisation des écoles, le couvent devient la résidence des religieuses. Ces dernières continueront cependant d’y dispenser des cours de musique pendant de nombreuses années.

À la suite de leur départ, en 1994, la bibliothèque de Deschambault s’installe à nouveau dans les locaux du couvent, accompagnée de la fabrique, du vestiaire, des Lions, de la pastorale et de l’école de musique.

La pratique musicale au couvent de Deschambault

Saisissant l’occasion du 25e anniversaire de l’école de musique, le conseil d’administration a obtenu de la Municipalité Deschambault-Grondines l’identification de la pratique musicale au couvent de Deschambault en tant qu’élément de patrimoine immatériel et son inscription au Répertoire du patrimoine culturel du Québec.

Voici la présentation de madame la présidente, Diane Vincent :

«Le lien qui unit Deschambault, le couvent et la musique est incontestable. Même si, avant la fondation du couvent, la musique religieuse a accompagné les cérémonies ponctuant la vie des fidèles et que la musique traditionnelle a animé les veillées, l’établissement de cette maison d’enseignement a instauré une véritable culture musicale au village. Les Soeurs de la Charité de Québec croyaient en effet que l’éducation devait dépasser les matières scolaires de base; à Deschambault plus spécifiquement, pendant plus d’un siècle, elles ont fait de l’enseignement du piano, du chant, du théâtre et autres pratiques artistiques, une priorité.

Dans un document marquant le centenaire du couvent, on sent en filigrane l’omniprésence de la musique à travers les souvenirs d’anciens élèves: les répétitions et les heures de pratique à la salle de musique, les chorales qui participent à l’accueil des dignitaires ou aux cérémonies religieuses à la chapelle, les festivités entourant la fête de Sainte-Cécile, patronne des musiciens et musiciennes. À un point tel, d’ailleurs, que dès 1873, le curé Bellenger de Deschambault le déplora: « Il est arrivé par malheur, que les couvents seuls ont inauguré dans nos campagnes un programme d’instruction ridicule, dangereux, destructif et ennemi de la simplicité qui y règne, contraire aux intérêts des parents et des enfants […] Pour faire de l’argent, faire prospérer la maison, elles [les religieuses] incitent les enfants à apprendre l’anglais, la musique, le dessin […] ».

Quelques semaines plus tard, dans un document déposé au Ve concile provincial, les évêques critiquent: « les parents aveugles qui exigent que leurs filles apprennent la musique, le dessin, la broderie et autres choses qui ne doivent être absolument d’aucune utilité pour elles […]. Vous ne devez pas être surpris, Nos Très Chers Frères, si nous prenons plus tard des mesures pour obvier à ce grand mal, en protégeant nos couvents de campagne contre des exigences importunes et dangereuses ».

La recommandation adressée aux religieuses était claire: l’enseignement « dans les campagnes » ne devait pas être contaminé par des pratiques artistiques par définition malsaines. Mais le seul fait de les déplorer montre à quel point ces enseignements étaient importants. D’ailleurs, une ancienne élève du couvent rapporte que : « En ces temps-là [à la fin du XIXe siècle], une maîtresse bien-aimée distribuait l’enseignement du piano et du citant avec toute son âme d’artiste et sa patiente abnégation à toute une Kyrielle de petites tapoteuses… ».

Force est d’admettre, qu’heureusement, les soeurs y enseigneront toujours la musique, et ce, à l’encontre des voeux du curé, parce que, parmi les « petites tapoteuses », se trouvèrent de grandes musiciennes dont l’influence et le rayonnement se font sentir encore aujourd’hui.

Dès qu’on fait l’exercice de demander à des deschambaultiens de longue date leurs souvenirs rattachés à la musique, les anecdotes foisonnent. Or, si Deschambault aime la musique, sous toutes ses formes et adaptée à diverses circonstances, c’est en grande partie parce que d’anciens élèves du couvent y ont consacré une part importante de leur temps ou de leurs loisirs; les chorales, les soirées musicales locales, la prestation de chanteurs et musiciens invités qui se sont produits autant à l’église qu’au couvent ou dans d’autres lieux publics ou privés donnèrent à Deschambault une couleur particulière, une effervescence culturelle inégalée dans la région.

On ne peut passer sous silence le fait que tout au long du XXe siècle, Blandine Naud (Paré), initiée à la musique au couvent, a été incontestablement la figure emblématique de l’inscription de la musique dans le coeur patrimonial du village. Ce n’est donc pas par hasard si ses descendants ont contribué à la création d’une école de musique pour redonner vie à l’établissement.»

«Depuis vingt-cinq ans, l’école ne cesse de faire sa marque et d’élargir son champ d’action et de compétence. Elle offre une diversité de cours qui correspondent aux besoins et aux goûts des élèves, quels que soient leur âge et leurs aspirations. Le nombre élevé d’inscriptions chaque session (près de 400 l’automne et l’hiver) n’est qu’un indicateur de la qualité exceptionnelle de l’EMDA; à celui-ci s’ajoutent notamment : la qualification de tous professeurs comme musiciens et comme pédagogues; le déplacement de certains d’entre eux dans plusieurs écoles primaires de la région; l’importance des adultes dans les cohortes étudiantes; le regroupement des élèves en chorales ou en bands; les classes de maître; l’inscription d’élèves à des concours; l’apprentissage de l’art de la scène, de la performance à la sonorisation.

La mission de diffusion de la musique s’observe entre autres par : l’implication des professeurs (et de plusieurs de leurs élèves) dans la vie musicale de la région, y compris lors des fêtes de la Saint-Jean et du marché public; la présentation des concerts d’élèves; les performances de professionnels issus des traditions musicales les plus diversifiées, d’un trio de musique indienne à des jams traditionnels en passant par la musique brésilienne ou la chanson québécoise. À ce propos, beaucoup d’efforts ont été déployés pour que l’école se dote petit à petit d’une salle de spectacle multifonctionnelle enviable : dans ce qui a été pendant plus de cent ans « la grande salle du couvent », le théâtre Elise-Paré est désormais muni d’un système de sonorisation et d’éclairage performant, et a été aménagé pour que les spectateurs y soient confortables.

Par ailleurs, l’offre de services s’est diversifiée au cours des dernières années, avec par exemple: la Réserve phonique de Portneuf, des archives sonores collectées par Gabriel F. Ouellette (ces documents qui rassemblent des trésors de musiques traditionnelles et populaires sont en partie numérisés et accessibles sur le site de l’EMDA); des collaborations avec Culture et Patrimoine Deschambault-Grondines, où s’allient la musique et l’art contemporain; un studio d’enregistrement qui accueille autant des professionnels qui préparent leurs démos que des élèves qui y font leurs classes.

Finalement, sur le plan communautaire, le lien entre Deschambault, la musique et le couvent ne s’est jamais démenti au cours des décennies. Les corvées se succèdent depuis le début du XXe siècle pour que des citoyens veillent au maintien du bâtiment; des activités-bénéfices ou récréatives sont organisées dans la grande salle pour venir appuyer diverses causes sociales ou pour divertir le public; on y célèbre des anniversaires ou des événements marquants et on y reçoit des invités. Bien sûr, les élèves n’associent plus la chapelle à un lieu de prière ni le dortoir au pensionnat. Mais, comme à l’époque rappelée par monsieur Denys Arcand, dès qu’on ouvre la porte, on entend de la musique – et parfois même, sans devoir l’ouvrir d’ailleurs.

En somme, la musique et le Couvent de Deschambault sont indissociables, tant dans la mémoire des anciens que dans la réalité des jeunes résidents. En ce sens, ce couple peut et doit être considéré comme faisant partie du patrimoine immatériel du village. Or, comme toutes les institutions à mission culturelle et communautaire, le couvent est un géant aux pieds d’argile. Bien sûr, la municipalité s’est employée depuis 1994 à respecter son engagement; en ce qui a trait à la musique, le défi a été relevé avec conviction. Mais pour que le passé musical du couvent s’ancre davantage dans une vision dynamique de l’avenir, nous soutenons qu’une reconnaissance supplémentaire devrait lui être accordée. »

«La municipalité de Deschambault a acquis le couvent en 1994 après s’être engagée à en respecter la mission communautaire et culturelle. Plusieurs anciennes de l’institution, sensibles au fait que le couvent avait vu défiler des générations de musiciennes et de musiciens, se sont mises au défi de trouver une solution pour que l’enseignement de la musique s’y prolonge.

C’est ainsi qu’avec l’aide de Jacques Bouillé, maire de l’époque, Danyelle Bourgault et Elise Paré jetèrent les bases d’une école de musique en 1994. L’enseignement et la diffusion de la musique étaient la base de sa mission, mais elle devait avoir, de surcroît, une visée régionale et être ouverte à tous les styles de musique (Elise Paré, citée dans Infoportneuf, 2014). Marie-Paule Hivon et Danielle Thibault se joignirent à elles pour former le premier conseil d’administration de l’École régionale de musique du vieux couvent de Deschambault. Jacinthe Montambault en devint la directrice et, dès le mois de septembre de la même année, des cours de musique furent offerts à une soixantaine d’élèves. Manon Chénard-Marcotte succéda à Jacinthe Montambault en 1998 et Nathalie Doré prit le relais en juillet 2008. Depuis janvier 2015, Gabriel F. Ouellette dirige l’école et Caroline Côté en est la directrice adjointe.

Au fil des ans, l’école de musique sut remplir sa mission avec enthousiasme et acquérir sa notoriété grâce au professionnalisme et à la compétence de tous ses artisans. Si bien que le cinéaste Denys Arcand accepta de s’associer à l’établissement de son village natal en permettant à l’école de porter son nom.

Lors de la cérémonie officialisant le changement de nom en juin 2006, le maire de Deschambault-Grondines, Gaston Arcand, rendra hommage à tous ceux qui ont contribué à donner à la musique la place qu’elle occupe encore aujourd’hui au village: « Nous sommes redevables à ceux qui ont institué cette tradition musicale, je pense ici aux Soeurs de la Charité de Québec qui ont initié dans ce vieux couvent, lieu culturel extraordinaire, des centaines d’enfants à la musique, mais aussi à certaines personnes et à certaines familles qui ont apporté une énergie peu commune à la promotion de la musique ». »

«Le Couvent de Deschambault, monument cité en 2007, fait partie du riche ensemble architectural du cap Lauzon tel que classé en 2017. C’est le curé Narcisse Bellenger qui, dès 1857, entreprit les démarches pour que le village soit doté d’un couvent dont la mission principale serait d’assurer l’éducation des filles. Les plans furent réalisés par l’abbé Thomas-Benjamin Pelletier et des corvées se succédèrent pendant près de trois ans avant que le bâtiment soit complété et confié aux Soeurs de la Charité de Québec. Ces dernières s’y installèrent et accueillirent leurs premières élèves en 1861. Une rallonge fut construite à l’arrière de l’édifice en 1872 et un étage fut ajouté en 1884, afin d’héberger un plus grand nombre de pensionnaires. Au terme de ces travaux, l’architecte Zéphirin Perreault aura donné à l’édifice sa structure définitive, dont le toit mansardé qui le caractérise.

Pendant plus d’un siècle, les religieuses accueillirent annuellement une centaine d’élèves : « [les filles] à la fois comme externes et pensionnaires, aux niveaux primaire ou secondaire. Quant aux garçons, ils ne seront admis qu’au primaire et comme externes, sauf entre les années 1945 et 1963 pendant lesquelles ils peuvent loger au couvent » (Roy et Ward, 1998 : 41). Cependant, les grands bouleversements qui marquèrent le système d’éducation au Québec au début des années 1960 obligèrent les Soeurs de la Charité de Québec à renoncer à leur mission d’enseignement : les pensionnaires quittèrent l’établissement en 1968 et les dernières religieuses en 1994.

Après ententes avec les Soeurs de la Charité de Québec et l’archevêché, la municipalité fit l’acquisition du couvent pour la somme de un dollar, à condition de s’employer « dans la mesure du possible, à garder la vocation culturelle et sociale du couvent » (Roby et Roy, 2013 : 197). Depuis, la municipalité a toujours respecté son engagement, hébergeant la bibliothèque, la fabrique, l’école de musique et autres organismes culturels ou communautaires.»

Aujourd’hui

Aujourd’hui, l’École de Musique Denys-Arcand rayonne à partir de l’ancien couvent de Deschambault. Elle offre la majorité de ses cours particuliers sur place, mais les professeurs se déplacent et enseignent dans différents lieux afin de rejoindre sa clientèle sur un vaste territoire.

Un point de service a été mis en place en 2015 à Saint-Ubalde, au deuxième étage de l’ancien presbytère, où sont enseignés les instruments à cordes. Un deuxième à Neuville depuis 2018, dans la sacristie de l’église Saint-François-de-Sales et dans l’ancien presbytère où presque tous les instruments sont enseignés. Des bâtiments religieux à l’origine qui trouvent maintenant une nouvelle noble utilisation en accueillant des cours de musique.

En plus des points de services fixes de Deschambault, Saint-Ubalde et Neuville, les professeurs de musique vont dans les écoles pour offrir des cours de groupe les midis en parascolaire depuis une dizaine d’années déjà. L’ÉMDA entretient des partenariats avec une dizaine d’écoles selon les disponibilités des professeurs.

Depuis 2018, l’ÉMDA anime une première chorale de retraité dans un centre d’hébergement de Saint-Marc-des-Carrières. Nouveauté de 2020: une première chorale en milieu de travail a vu le jour!

Annie Gignac

Ça vous dit de découvrir vos talents cachés pour la musique ou bien d'améliorer ce que vous avez déjà?

Les profs de l'École de Musique Denys-Arcand sont tous merveilleux.

Et vous attendent!

Annie Gignac / Élève et maman d'élève
Cécile Faucher

Les profs sont très accueillants(antes), consciencieux.

C'est un peu comme une 2ième famille.

Pas d'âge pour vivre ses rêves et quoi de mieux pour rester jeune que de chanter et jouer avec eux. Osez!!!

Cécile Faucher / Élève
Téléphone : 418 286-6941
Fax : 418 286-6841
4-115 rue de l'Église
Deschambault QC G0A 1S0